mardi, 12 septembre 2006

Che, que veo aqui

Douze jours après notre arrivée à Buenos Aires, voici le moment de faire un point sur tout ce qui nous est arrivé… Douze jours bien remplis... Partage d’un ressenti général.
Services d’immigration, recherche d’un appartement, d’un comptable, d’un avocat , d’une banque, finaliser le contrat pour le restaurant, créer de notre société, sentir la ville, prendre nos marques: autant de chantiers à mettre en œuvre…
Mais nous tirons parti au mieux de l’énergie de l’arrivée. Sans doute inconsciemment, nous n’avons pas réservé d’hôtel pour notre première nuit ; une façon de se mettre dans le bain ? Après quelques essais infructueux, nous dégotons un guest-house dans San Telmo, le quartier que nous visions. 80 pesos la nuit pour une chambre avec deux lits et salle de bains, petit-déjeuner et internet compris : c’est très bien le temps de voir venir.
Seconde démarche : les services d’immigrations où nous apprenons que l’enveloppe donnée par l’ambassade d’Argentine à Paris et remise à la douane de l’aéroport à BsAs mettra trois semaines à faire la navette ; mais sans elle pas de DNI et sans DNI pas de compte en banque ; et sans doute pas d’appartement : pour obtenir ce DNI, il faut bien justifier d’un domicile, non ? Si señor…La quadrature du cercle se profile. Qu’à cela ne tienne, nous trouverons bien une solution.
Elle arrive deux jours plus tard. Via un coup du sort comme il n’en arrive qu’à l’étranger, nous voici locataires pour le mois de septembre d’un appartement, encore jamais habité, de 60m² entièrement meublé et équipé, au dixième étage avec balcon et vue plongeante sur BsAs, en plein cœur de San Telmo, le quartier le plus recherché par les étrangers et les Français particulièrement : ses rues pavées, ses nombreux antiquaires, ses immeubles haussmaniens décatis et son côté populo en font un subtil mélange de Marais, de Quartier latin et de Belleville (ou de Croix-Rousse pour les Lyonnais).
Ces deux exemples pour illustrer la ville telle qu’elle nous apparaît : à la fois compliquée et incroyablement accessible. Compliquée parce que nous ne connaissons pas les codes et que nous avons tout à apprendre ; accessible parce que les Argentins sont ouverts, disponibles, curieux et bavards. Et puis aussi peut-être quelque part une bonne étoile qui veille : quand nous poussons une porte, deux autres s’ouvrent.

« Che, que veo aqui » : une expression pour exprimer le fait que je suis dans un état de surprise permanent : les rues, les gens, les bus (bruyants et polluants, une calamité), les trottoirs, les dogs-keppers, les restaurants (du rade de quartier aux restos au design abouti mieux qu’à Paris), les Argentines aux cheveux longs (regardez autour de vous, vous verrez à quel point les filles en France ont les cheveux coupés courts…), les Argentines tout court, la viande, la Quilmes, les boites de nuit, les Locutorio, l’architecture, les tags politiques sur les murs, le bleu du ciel, les taxis et leur demander s’ils supportent Riverplate ou Bocca Junior, entendre parler espagnol constamment, regarder danser le tango le dimanche soir sur la Plazza Dorrego, être au restaurant et ne pas même jeter un regard au prix, dîner apéro-entrée-plat-dessert-café-vin pour 5€, vivre un nouveau printemps, voir les arbres verdire à vue d’œil, se retrouver dans une soirée où quatre nationalités sont représentées (argentine of course, uruguayenne, américaine, française) et être le seul à ne pas parler espagnol….
C’est pour ça que j’aime vivre à l’étranger : parce qu’on vit deux fois. On interprète tous les événements avec notre mentalité de français, nos codes et nos références et en même temps on essaie de comprendre, réagir et réfléchir comme si on était du pays ; on est constamment en train de faire la navette entre ces deux visions et c’est ce qui est intéressant.

Les choses se mettent en place doucement, jusqu’ici tout va bien et je me félicite tous les jours d’avoir tenté l’aventure….

Babe

Commentaires

Wahou ! nous aussi on peut dire "che , que veo aqui!"
quand on lit tes lignes, Babe!!! Impressionnant !

enjoy !
besos
Blandine

Ecrit par : Blandine | mardi, 12 septembre 2006

Jolie plume ...
Tu es à l'aube d'une nouvelle ère - vivre les choses avec ton coeur- et l'Argentine a l'air de tenir toutes ses promesses !
Dejate llevar ....

Besos de la chica con pelo corto!
Delph

Ecrit par : Delph | mardi, 12 septembre 2006

GENIAL!
Continuez de nous faire vivre les débuts de vote aventure... Très bien écrit en plus effectivement, on s'y croirait presque.
Profitez bien de tout, et vivement le prochain post...

Grosses Bises.
Lorene

Ecrit par : Lorène | mardi, 12 septembre 2006

Cher Babe, Cher Fred,

Merci pour ce journal écrit à quatre mains. Vous nous faîtes partager votre vie (ça a l'air vraiment épatant), votre enthousiasme (inépuisable) et même vos galères(y en a pas)...et c'est bien! Si j'étais M. de Messmaker, comme dans "Gaston Lagaffe", je vous signerais tout de suite un contrat: quel talent!!! Continuez! On a tous hâte de découvrir le "Cosmopolitan"... et la suite de vos aventures! Bises Mimi

Ecrit par : Michel Maigret | mardi, 12 septembre 2006

Nous restons branchés pour suivre vos premiers pas. Ecrivez plus souvent, prenez des photos ...on veut vivre du présent. Bonne chance pour votre aventure. Bises. Vanessa et Rodolphe.

Ecrit par : Vanessa et Rodolphe | lundi, 18 septembre 2006

Uno saludo,

he logrado arrancar mi lenguaje del pueblo de Monachil.

Nous espérons que tout se présente bien, que nous pourrons bientôt téléphoner, éventuellement allez déguster les spécialités Argentines à la Française au cour d’un excellant repas con vino bueno AU COSMO RESTO !!!

@ + y suerte del pueblo.

Ecrit par : PaPy Gnigni | jeudi, 21 septembre 2006

Bon, et alors les garçons, LA SUITE ?!!!! Hop hop on enchaine là ! Y'en a du monde à Paris et ailleurs qui attendent la suite de vos aventures, quelle déception !!!
Me voilà assise à ton ancien bureau (bonjour le ménage que tu m'as laissée à faire avant l'arrivée de ton successeur, je te reconnais bien là, tu t'es dit, Béné le ménage c'est sa raison de vivre, hop, j'l'y colle), sur ton fauteuil gris clair devant ton ordinateur (j'ai d'ailleurs vu - par hasard précise-je -tous les sites que tu as visité, ben mon coquin...), et je m'attendais donc à pouvoir découvrir vos billets d'humeur. Et bien RIEN.
Alors au rapport !!!

Je vous embasse bien fort.

PS: je voulais m'adapter et vous écrire quelques mots d'espagnol mais mes deux années de cours au lycée - en troisième langue - sont beaucoup trop lointaines, et une des seules choses que j'en ai retenu est comment on disait se maquiller: pintar se.
Donc je vous épargnerai.


Béné (Robert Laffont)

Ecrit par : Béné | vendredi, 22 septembre 2006

Bonjour ,

la suite, la suite, la suite!!!!
Nous avons hâte d'avoir la suite de l'histoire, les péripéties , les rencontres, les progrès de Baptiste en espagnol , ... on veut toutes les aventures! ;-).

Est ce que vous allez mettre le planning des visites en ligne aussi?!

Je vous embrasse
Gautier

Ecrit par : Gautier El Hermano | vendredi, 22 septembre 2006

Mais quel talent ca sonne comme du delerme ou non plutot du carla bruni!!!
humour...
ravi d avoir de vos nouvelles via votre désormais célèbre blog.
En tout cas ca fait virtuellement tâter l ambiance comme on dit.
Je vous laisse, Popée se fait sauvagement attraper par le roi et je suis sensé envoyer un râle d extase!!
bises

Ecrit par : magnum | lundi, 25 septembre 2006

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